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mardi 6 août 2013

De l'accaparement des terres à la transition agricole



Avec cet article, je vous propose une petite synthèse personnelle de l'actualité de la lutte paysanne dans le monde, avec des liens divers pour continuer à s'informer et à s'engager sur un sujet de plus en plus vital pour la planète. 
Au-delà de l'expérience indienne de la Jan Satyagraha en octobre dernier, dont les résultats se mettent petit-à-petit en place, il est indispensable de comprendre à quel point les logiques d'accaparement des terres agricoles est un phénomène absolument mondial, qui nous concerne donc tous puisqu'il s'agit, in fine, de ce qu'on mange et de là où on vit. Car les systèmes de prédation économique qui les orchestrent sont sans frontières et nul pays n'en est protégé, même si les modalités d'emprise sont plus ou moins subtiles en fonction des contextes.

dimanche 27 janvier 2013

Au chevet de la terre

C'est le nom de l'émission "Interception" sur France inter ce dimanche, qui donne une vraie vision de ce que pourrait être une nouvelle agriculture en France (et ailleurs !), qui redonne à la terre sa vitalité biologique aux paysans le sens de leur travail. Face aux ravages de la mondialisation agroindustrielle qui stérilise les sols et déshumanise les gens : je conseille fortement, ça fait du bien !
"Souvent, on les appelle : Les médecins de la terre.
Lydia et Claude Bourguignon auscultent les sols. Ils tentent de leur rendre la santé quand les méthodes agressives de l’agriculture intensive ont fortement abimé les terres cultivables au point, parfois, d’en faire disparaître toute trace de vie. Engrais chimiques et pesticides ne sont pas les amis de ce couple de scientifiques."

Ecouter l'émision (+ photos + vidéo + podcast)

lundi 31 décembre 2012

Une Marche… qui marche !


Un article de synthèse sur la Marche "Jan Satyagraha", qui reprend le contenu du blog sur un ton plus journalistique.

Peut-être tout simplement la plus grande marche militante jamais organisée dans le monde. Déjà un défi, déjà une expérience forte. Mais quand, en plus, celle-ci atteint son objectif et pousse le gouvernement indien à engager une réforme des terres, voilà de quoi redonner de l'énergie au mouvement social mondial… Au pays de la non-violence, l'esprit de Gandhi est encore bien vivant.

lundi 5 novembre 2012

Appel pour le Jharkhand

La famille Campana prend le large vers Bombai ; la 2e quinzaine du voyage organisé par Gandhi international se termine donc maintenant et je continue ma route toute seule (enfin, pour autant que l'on puisse être seule en Inde !). En l'occurrence, je reste quelques jours avec Birendra et son équipe de NSVK qui m'accueillent comme une invitée, alors que je me suis un peu incrustée il faut le bien dire. 

vendredi 2 novembre 2012

Ekta Parishad sur le terrain

Le voyage reprend une tournure plus sociale et politique, car nous voici en direction d'un petit village dans le Jharkhand, un de ces États inconnus les plus pauvres de l'Inde où sont cumulés, comme un jeu de domino, de nombreux problèmes : corruption et guérillas, accaparement des terres, déplacements forcés de populations, destruction des cultures indigènes, trafics en tous genres et donc globalement de graves problèmes sociaux et économiques et donc tout simplement des questions de survie. 

mercredi 17 octobre 2012

Après la Marche, il y a du chapati sur la planche !


Pour la fin de cette première quinzaine, le programme prévoyait que nous rejoignions à nouveau la marche Jan Satyagraha à mi-parcours. Or, celle-ci ayant pris fin suite à l'accord entre Ekta Parishad et le gouvernement indien, nos plans ont évidemment changé.
Pour lors, c'est aujourd'hui 17 octobre, la Journée internationale de lutte contre la misère, et nous rentrons sur New Delhi pour rencontrer Rajagopal P.V. et discuter avec lui et sa femme Jill du bilan de cette Marche, ainsi que des collaborations futures entre Gandhi international et Ekta Parishad. Ils nous donnent rendez-vous chez eux, dans une maison simple d'un quartier beaucoup moins simple de New Delhi. 

dimanche 14 octobre 2012

Et le bio dans tout ça ?


Après le dispensaire de brousse d'Hemalkasa, nous reprenons les routes de campagne vers Somnath, une autre « dépendance » d'Anandwan (cf articles des jours précédents). Ce centre-ci est un lieu de verdure de 500 hectares destinés surtout à l'agriculture et à l'élevage, permettant l'insertion de personnes abîmées par la lèpre et la production de la nourriture principale pour le site principal d'Anandwan. 

samedi 13 octobre 2012

De l'avenir des Adivasis, peuple de la forêt

« Nous partons pour la jungle », nous dit-on. 7h de taxi, heureusement 4 roues motrices. Mais ça vaut la peine ! Sur la route des troupeaux de vaches et de buffles à n'en plus finir (certains domestiqués, d'autres non), une cacophonie de klaxons, la traversée de villages plus ou moins pauvres. Des temples, mais aussi pas mal d'édifices chrétiens. Des gens qui portent des sacs plus gros qu'eux sur la tête, d'énormes bottes d'herbe ou de longs fardeaux de bois. Des rickshaws pleins à craquer, des voitures remplies de jeunes hommes qui hurlent en nous doublant, des bus et camions super colorés. Une crevaison. Pas grave : 100 mètres plus loin, il y a un garage. Puis un barrage de la police forestière. Attention nous dit-on, c'est dangereux là où vous allez, ce sont les Naxalites qui contrôlent la forêt.

vendredi 12 octobre 2012

Les suites de la Marche : appel à action pour le 17 octobre

L'accord est signé, mais la pression continue. Voici le communiqué officiel d'Ekta Parishad et surtout, en-dessous, l'appel à action pour maintenir la pression, à diffuser largement.

Photo: Jairam Ramesh signs the document.

FOTO: Gogo Basic

jeudi 11 octobre 2012

Anandwan remet les gens debout

Nous passons deux jours dans un endroit exceptionnel. Un projet humaniste de grande inspiration, un projet humanitaire de grande ambition et un projet social de grande ampleur. Non sans ambiguïtés fortes, mais qui ne peut que forcer l'admiration de toute façon.
Prenez un des pays les plus inégalitaires au monde. Prenez sa population la plus démunie sur le plan économique, éducatif et social. Prenez parmi cette population les personnes souffrant, en plus, de handicaps. Et parmi ces personnes, celles qui font l'objet en Inde (comme dans d'autres pays) d'un rejet extrême depuis des temps immémoriaux. Eux, ce sont les gens atteints de la lèpre. On dit communément « les lépreux », même si c'est une appellation que j'éviterais*.

Signé !


Bonne nouvelle ! Nous apprenons tout juste que le Ministre indien du développement rural vient de signer un accord en 10 points au nom du gouvernement avec Ekta Parishad. Cela ressemble à une victoire (même si je reste personnellement très prudente). Attendons maintenant de voir l'application. Dans tous les cas, la Marche est désormais terminée et devrait laisser place à une célébration.

lundi 8 octobre 2012

La force des villages


L'Institut d'études gandhiennes est une structure de théoriciens de la pensée gandhienne, leur action est à 10 000 lieues de l'activisme d'Ekta Parishad, mais ils essayent de mettre en pratique certains préceptes de vie communautaire, d'écologie et d'autosuffisance inspirés de Gandhi. Le rythme de l'Institut inclut des temps de tâches collectives (peluche de légumes, ménage), ainsi qu'une demi-heure de filage du coton par jour. Le directeur nous garantit en nous montrant sa chemise que cela suffit pour sa propre production d'habit. 

Nouvelles de la Marche

Voici quelques nouvelles de la Marche que nous allons retrouver dans quelques jours.

Communiqué de Presse d'Ekta Parishad :
Jan Satyagraha – Marche pour la Justice (Inde) (8 octobre 2012)

Alors que Jan Satyagraha poursuit sa route vers Delhi, le gouvernement souhaite relancer les négociations.
Les 6 et 7 octobre, la Marche Jan Satyagraha a quitté le Madhya Pradesh pour entrer au Rajasthan. Le gouvernement a exprimé son souhait de relancer les négociations. Pendant ce temps, les actions de solidarité continuent en Europe.

dimanche 7 octobre 2012

Qu'en penserait Gandhi ?

L'Institut a été créé grâce à un des associés de Gandhi, Bajaj, un petit artisan qui a été un des premiers emprisonnés pour avoir suivi Gandhi ; il est devenu un des pères de la Nation à l'indépendance et a ensuite développé une activité économique jusqu'à construire un empire industriel : la marque Bajaj est présente sur des scooters, du matériel électronique, des banques... Son argent a financé de nombreux ashrams et projets gandhiens, dont l'Institut où nous sommes. Ce modèle du capitaliste paternaliste est aussi indien qu'états-unien et permet en effet à de beaux projets de vivre, mais cette façon d'utiliser un peu de l'argent issu de la grande société de consommation industrialiste pour financer des mini-expériences alternatives me laisse perplexe...

samedi 6 octobre 2012

Train-train de nuit

Nous sommes obligés de quitter la Marche pour suivre les consignes de sécurité d'Ekta Parishad concernant les internationaux ; nous la retrouverons dans quelques jours. A peine arrivée à l'hôtel, je me retrouve en direct de l'émission "Allô la planète" d’Éric Lange pour raconter cette expérience. J'essaye de faire passer le message des marcheurs au maximum, même s'il m'interroge sur ma capacité d'adaptation à l'Inde dans ces conditions : comment lui dire à quel point les petits soucis gastriques des voyageurs que nous sommes sont ridicules à côté des problèmes de ces paysans qui ne mangent pas à leur faim tous les jours...
Bref, nous rejoignons ensuite l'équipe d'Alter éco, entreprise française de commerce équitable.

jeudi 4 octobre 2012

Jan Satyagraha : les paysans debout en route pour leurs droits

Il faut forcément un long article et des photos pour restituer l'ambiance des deux premiers jours de la Marche, peut-être la plus longue marche de revendication jamais organisée dans le monde.

Le cortège prend plusieurs heures pour quitter Gwalior vers le Nord, direction Delhi, les camions de logistique et citernes d'eau en tête. Au premier rang avancent les représentants d'Ekta Parishad, puis les groupes des différentes régions, marcheurs et marcheuses alignés en trois colonnes, drapeaux à la main et sacs sur la tête. Des enfants aussi, certains tout petits. Le ton est déterminé et discipliné, ponctué de slogans sur le droit à la terre, ou à l'eau par exemple, de musique et de chants répétés les jours précédents.

mardi 2 octobre 2012

Marchera... marchera pas ?

Réveil ce matin à 5h45 par la télévision du voisin. Le temps d'un petit déjeuner sur le bord de la route (riz parfumé aux oignons et autres épices) et d'un verre de "tchaï" au lait. On voit passer un premier cortège de Sikhs, aux couleurs violettes, slogans et drapeaux levés.

On arrive au grand QG d'Ekta Parishad, Mela Ground, immense esplanade publique où sont installés entre 50 et 65 000 indiens venus de tout le pays. Et il en arrive de plus en plus, défilant en rangées ordonnées avec les drapeaux blanc et vert d'Ekta Parishad. Des hommes et des femmes se préparent de part et d'autre, se lavent, s'organisent, répètent les chants.

samedi 29 septembre 2012

Derniers communiqués sur Jan Satyagraha

Communiqué d'Ekta Parishad, organisateur de la Marche en Inde, 28/09/12


Alors que le début de Jan Satyagraha – Marche pour la Justice, approche (départ le 2 octobre), les processus de mobilisation et de négociations avancent bien. Les gens commencent à se rassembler à Gwalior, d'où 100 000 paysans sans-terre doivent partir pour marcher jusqu'à Delhi en un mois pour revendiquer leurs droits à la terre et aux ressources naturelles face au Parlement Indien. Parallèlement, les discussions avec le gouvernement indien se font de plus en plus intenses sous la pression des actions non-violentes en Inde et au niveau international. 4 réunions avec différentes parties du gouvernement indien ont été organisées dans les dernières semaines

Voir ci-dessous l'interview de P.V. Rajagopal, leader gandhien du mouvement social Ekta Parishad

vendredi 28 septembre 2012

Pourquoi la FAO et la BERD promeuvent-elles la destruction de l'agriculture paysanne et familiale ?


Des organisations sociales se disent choquées et offensées par un article du Journal de Wall Street écrit par le Directeur Général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) appelant les gouvernements et sociétés à adopter le secteur privé comme moteur principal de la production alimentaire globale. Dans une déclaration conjointe, les groupes attirent l'attention sur le fait que la FAO abandonne sa mission et mette en l'avant l'accaparement des terres ainsi que la destruction de l'agriculture paysanne par les industries agroalimentaires.
Pour lire ce déclaration, cliquez ici : http://www.grain.org/e/4573
(merci Anne pour l'article) 

vendredi 21 septembre 2012

Interview vidéo de Rajagopal

Rajagopal, leader de l'organisation Ekta Parishad qui organise la Marche, explique dans cette vidéo les raisons et enjeux de la Jan Satyagraha.


Interview de Rajagopal (Ekta Parishad)